"Tout
le monde sait... mais tout le monde ne sait pas comment savoir raconter
Je
sais où
est mon nez, pour l'avoir vu au moins une fois au milieu de ma figure
Mais à vue
de nez, il
nous faut apprendre à le sentir...
pour
mieux se sentir et sentir les autres
C'est
l'art de conter... Sur qui ? D'abord sur soi pour
être sûre...Sûre de conter
Ainsi je peux conter sur les autres !"
Après
le reste n'est qu'une question d'histoires
Moussa
FORMATION / ATELIER / CONTE
travailler la voix au corps... Situer le corps dans le corps de l'histoire (le corps raconte). Être l'histoire, son histoire et la dire. Voilà des mots théoriques mais... Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que le conteur professionnel que je suis, a trouvé sa voix et son corps. Mais pour les autres, ceux ne sont que des mots. J'essaie de dépasser le stade verbal pour passer à celui du concret car le conteur des premiers âges n'a jamais été à l'école de l'apprentissage. Le conte ne s'apprend pas, on se l'approprie, on prend la parole naturellement comme on prend un train, seulement il faut connaître la destination pour descendre son histoire à bon port. Encore des mots... Bref !... Ma grand-mère et mon grand-père et ma mère et mes voisins et mes voisines et mes collègues et les gens de la rue et les gens de l'autre monde et tout le monde m'ont donné la parole, la confiance; Oui, alors c'est cela, c'est la confiance des autres qui fait que l'on "naît" conteur. Oui je veux dire que le conteur sommeille en nous et il faut le réveiller. Je peux être ce réveilleur de vous même. C'est tout... je ne sais pas si cela est clair... Comment dire? Oui... Je ... Ah... C'est cela...
Ce que j'aime ? C'est le travailler avec des groupes qui débutent et d'emblée timides qui n'osent pas "raconter", se "raconter". J'aime cette difficulté et savourer la réussite en fin de stage. Ils découvrent alors que le conteur est une personne comme tout le monde. En racontant, ils se livrent, livrent une partie d'eux-mêmes jusque là restée invisible. Alors, le stagiaire s'en va et dit " C'est donc cela être conteur" et la petite voix de l'histoire lui répondre " Oui ce n'est que cela, maintenant que tu as la parole, raconte et raconte moi bien !" Là, il va de soi et non de l'histoire d'y mettre les bons arguments, les bonnes épices, du temps, des bons mots ni hachés trop, ni coupés en quatre, pincez l'histoire d'une pincée de silence et attendez qu'elle fasse aïl pour en ajouter une gousse. Mettez y par ci, par là, du suspense, et de la morale selon, de l'émouvoir à foison, poivrez, salez les mots et servir bien chauds dans une oreille ou deux ou plus.
J'aime appréhender... D'abord il me faut grouper, un groupe un bon groupe "qui ne sait pas" où il se perd dans les méandres d'une histoire. Ne sachant par quel bout la prendre, ( à savoir d'ailleurs si l'histoire à un bout) c'est souvent la difficulté, on s'acharne sur l'histoire alors qu'elle n'a ni queue, ni tête...
Et puis vient le moment du... sublime doute... sans aucun doute !
Le groupe est dans un état de déstabilisation et le doute s'installe est la tout est possible. Il y a le silence qui arrive et raconte...j'aime ce moment de silence, ce préambule qui invite et qui s'installe presque comme un malaise entre celui qui est censé savoir et ceux qui ne sont pas censés "ne pas savoir". Alors tout semble reposer sur la langue du maître "Celui qui sait". Ici les valeurs sont inversées. Moi conteur d'expérience dis avec "certitude" que je ne sais pas... déroutant non ? Je sais au moment ou je sais, au moment ou je raconte... Mais je ne sais pas avant de raconter l'histoire. Parce que je suis convaincu que le histoires ne se laissent pas raconter quand elles voient à qui elles ont à faire. Il faut d'abord connaître l'histoire par le coeur par la langue, vivre avec comme amant et aimant et puis un jour elle vous fait une grande déclaration ... Un cadeau... Elle se tait et vous laisse la raconter et là quelle grâce... Grâce à elle...
Faut dire bonjour aux stagiaires... C'est alors que je dis " bonjour, je suis le conteur pour le stage et je n'ai rien à vous apprendre " grand étonnement dans l'auditoire, exclamations, remue-méninges, désordre... " oui, je suis là pour ... Pour être là... et comme je ne suis pas ailleurs, au moins je suis sûr d'être là.. Et vous, vous êtes où ? ... Comme vous j'attends que l'histoire vienne. Ca peut prendre du temps... Une vie... Faut pas être presser...Allez ! au travail... Ah bonjour les stagiaire et bonjour moi...
C'est ainsi que commence le conte, l'histoire, l'histoire merveilleuse du stage de Moussa. Et les stagiaires de poursuivre le fil " il était une fois dans cette ville, la nôtre et pas une autre ici où nous sommes, un atelier pas comme les autres qui se déroule comme suit" :
Programme
Objectif: réaliser un conte par des étapes successives qui, depuis
la parole, puis le passage à l'écriture. A travers ces différents
moyens d'expression, l'action éducative de cet atelier a pour but:
>
de stimuler l'imagination
>
de favoriser le travail et la cohésion de groupe par des créations
collectives
>
de s'exercer à l'expression orale devant un public
>
d'aborder la lecture et l'écriture de façon récréative
et par ce biais, d'y prendre plaisir
>
de découvrir la valeur de la parole et son impact
lère séance: la lecture
et la parole : "je lis une histoire et je la raconte". Faire
naître le goût pour la lecture. Travail autour d'un choix de
livres, textes et illustrations selon les étapes suivantes: lecture, compréhension
de l'histoire, récits, impressions et commentaires autour de ces lectures.
2ème
séance: la parole et l'écriture : "j'invente une histoire
et je l'écris". Entraînementà l'expression orale
et à l'écriture. Travail autour de stimulations intellectuelles
libérant l'imagination grâce à une histoire dont la trame
sera suggérée par le conteur.
Imaginer une suite, fabriquer des personnages, développer un thème
particulier de l'histoire...
Construction du récit par un travail d'écriture.
3ème
séance: l'écriture et la lecture: "j'écris
mon histoire et je la lis aux autres". Entraînement
à la lecture et à l'écriture. Suite et fin du travail
d'écriture
Présentation
des contes par une lecture à voix haute
Comment rendre son texte expressif: travail sur les intonations, les gestes,
les mimes, etc....