Le
conte est un peu comme un remède, dont les mots guérissent
l'âme. Il
à bon goût et se mange avec les oreilles de l'esprit,
sans crainte d'indigestion (si le conteur est bon). On peut en consommer à loisir,
car les contes sont nécessaires,
utiles et surtout rendent intelligent, vaillant, courageux.
C'est eux qui nous invitent au rêve, au voyage, à la réflexion
à la méditation. Parfois, s'ils nous font peur, c'est
pour mieux nous délivrer
de l'effroi. Pour
les
écouter, point n'est besoin d'être petit ou grand, il faut
être petit et grand. On peut avoir cent ans et plus, et même si l'on a pas d'âge mais...
...Son coeur d'enfant
Le conte est souvent dans les bois, mais jamais comme un loup il n'aboie...
Le
conte n'a besoin d'aucun artifice, ni de clinquant, ni d'esbrouffe;
il est modeste. Si
l'histoire veut bien de vous, il vous suffira de l'inviter, de
la mettre à la
table de votre bouche, de la mâcher délicatement sans la froisser, puis de
la raconter simplement. Mais
attention, mettez-y du cur et des poivrons , de la joie et du sel. Tenez
! pour la raconter, mettez-vous au coin d'un feu sans les
embûches,
ou bien pour l'inspiration mettez-vous près d'une grand-mère (pas encore mangé par un chaperon rouge ou vert) une grand-mère en bonne état prête à l'emploi. Vous
ne savez toujours pas où vous mettre ? Enfin mettez-vous là, où vous sentirez bien l'histoire vous sentir ! Vous ne sentez pas ? Bien, vous voyez
cet arbre bavard qu'on appelle à palabres ? (ou pas labre du tout), éh bien allez-y près de lui. Non ? Vous attendez qu'il vienne à vous? En attendant mettez-vous, au bord d'un lit qui déborde de
tendresse et de draps. Ah, vous craignez qu'il vous mène en bateau? Bon. Tenez alors mettez-vous au coin d'un bistro avec du monde dedant. Vous pourrez ainsi raconter buvant une bière faisant d'une bière deux coups. Non
? Je sais pas moi, mettez-vous, dans un désert de sourd et criez fort dans une oreille
de sable perdu dasn une tempête de mots. Vous voulez dans un théâtre ? Oui pourquoi pas mais, sans trop de lumière,
car la lumière est déjà dans
le conte. D'accord
dans un théâtre. Aussi prudence ne faites pas de théâtre, ne déclammé pas
vous feriez fuir l'histoire à toutes jambes. Maintenant que vous avez trouvez le lieux, vous êtes
prêt, tout près de votre histoire. Lancez-vous ! ouvrez
grand la bouche comme pour dire quelque chose. Mais surtout ne faite pas "aaaah", comme chez le médecin ou chez le coiffeur.
Non ! Dites,
"il était une fois" attention ! pas plus d'une fois. Sinon à tous les coups, vous
ferez
une crise de "fois". Bien, bien, une
fois que la formule est dite une fois, les mots couleront de source de votre bouche vers des gobelets d'oreilles attention-nez. Les
mots seront tout frais, tout vrai, tout chaud. Ils
chatouilleront, gargouilleront, ratatouilleront, touilleront tout en
rond et s'en iront...sans histoires
faire d'autres histoires...
Vous reprendrez bien une autre histoire ...
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